Des petits miracles de chaque jour, émerge la lumière d’un lendemain plein d’espoir

Le basketteur congolais Bismack Biyombo retrouve de l’ambition dans la NBA

Sport

Assis au bord du parquet du centre Bell de Montréal, Bismack Biyombo ne cache pas sa bonne humeur. A quelques heures du dernier match de préparation des Raptors avant le coup d’envoi, cette semaine, de sa cinquième saison en NBA, le Congolais de 23 ans s’étire, sourire aux lèvres, impatient de débuter sous ses nouvelles couleurs. La tournée canadienne, destinée à promouvoir la franchise torontoise en Amérique du Nord, se termine au Québec avec un ultime affrontement – victorieux – contre les Wizards de Washington. « C’est une nouvelle aventure pour moi. Le club a beaucoup travaillé cet été, moi aussi, et on veut accomplir de grandes choses. Je ne veux pas me contenter d’une qualification en play-offs. J’ai confiance en nous et en moi-même », assure-t-il, le ton enjoué.

Eliminés au premier tour des play-offs de la Conférence Est au printemps dernier malgré une prometteuse quatrième place à l’issue de la saison régulière, les Raptors n’ont pas tergiversé avant d’offrir un contrat de deux ans et six millions de dollars à l’ex-pivot des Hornets. Spécialiste des tâches obscures, Biyombo connaît sa mission : « Le club avait des problèmes en défense. Je vais essayer de couvrir tous les points négatifs de mes coéquipiers et tenter de les aider à bien jouer. A moi d’apporter mon énergie. »

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« Dès qu’il est sur le terrain, il apporte beaucoup de bonnes choses, explique son entraîneur Dwane Casey. C’est une pile électrique et il permet d’augmenter l’intensité défensive de l’équipe. Il comprend les systèmes de jeu, il sait ce que nous essayons de mettre en place, à quel endroit les gars doivent se placer. Il les dirige. Il est impressionnant. »

Un business à découvrir

Si les louanges pleuvent à l’orée de la reprise, il n’en a pas toujours été ainsi. Drafté en septième position en juin 2011 par Sacramento, avant d’être immédiatement envoyé à Charlotte dans le cadre d’un échange, Bismack Biyombo suscitait alors beaucoup d’espoirs au sein de la franchise détenue par Michael Jordan, habituée aux bas-fonds de la ligue. En vain. Souvent décrié pour sa faiblesse dans le jeu offensif, le natif de Lubumbashi de 2,06 m s’est retrouvé bien malgré lui, à seulement 19 ans, embourbé dans une franchise à la dérive, multipliant les erreurs de casting, incapable de remporter plus de sept rencontres lors des premiers pas de Biyombo en NBA (4, 4 points, 6, 1 rebonds en 21 minutes en moyenne lors de ses quatre saisons).

« Beaucoup de gens voulaient que je fasse ceci ou cela, se souvient l’intéressé. On me mettait trop de pression, et moi, je découvrais à peine le business de la NBA. J’étais encore très jeune, j’avais beaucoup à apprendre. Le Bismack d’aujourd’hui n’est plus le même. Maintenant, je m’amuse et j’accomplis ce que j’ai envie, ce qui peut faire gagner une équipe. Pas ce que d’autres espèrent. »

Gagner avec la RDC

En Caroline du Nord, Bismack Biyombo a pu compter sur le capitaine de l’équipe de France, Boris Diaw, passé par Charlotte entre 2008 et 2012, pour ne pas sombrer. « Je le considère comme un grand frère, reprend Biyombo. Il m’a pris sous son aile, m’a enseigné beaucoup de choses. » La NBA, ses paillettes, son argent, mais aussi ses contraintes ont surpris le jeune Congolais, arrivé directement du modeste club espagnol de Fuenlabrada quelques semaines après avoir impressionné les recruteurs nord-américains à l’occasion du Nike Hoop Summit, une rencontre amicale mettant aux prises les meilleurs jeunes Américains et mondiaux (12 points, 11 rebonds, 10 contres). « J’avais rêvé de la NBA, mais en arrivant, tout était différent. Trop grand. Il m’a fallu du temps pour m’y habituer, pour comprendre le fonctionnement. »

Ambitieux, Bismack Biyombo l’est également avec son pays d’origine, la République démocratique du Congo. Absente de l’Afrobasket depuis 2007, la RDC peine à retrouver une place sur la scène africaine. Mais avec la percée du prometteur meneur de 19 ans, natif de Kinshasa, Emmanuel Mudiay, qui va faire ses débuts avec Denver, Biyombo a une idée en tête. « Je ne veux pas jouer pour la RDC, mais gagner avec la RDC. On a beaucoup de bons joueurs en Europe et dans des universités américaines. Bien sûr, le Nigeria, l’Angola et le Sénégal jouent bien. Mais quand je regarde notre pays, j’ai de l’espoir. »

Source: Le Monde

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